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Deux-roues motorisés dans les voies de bus. La phase de test doit confirmer la bonne idée

A Londres, la cohabitation entre les bus et les deux-roues motorisés affiche un bilan positif. En Suisse, à Baden, c'est pareil. Un test doit commencer à Genève. La Ville s'y oppose, manifestant un aveuglement dogmatique.

La volonté de faire un essai en laissant rouler les motos et les scooters sur certaines voies de bus est claire du côté de l’État. Moins de celui de la Ville de Genève. La discorde entre les deux instances n’est pas nouvelle et cette fois-ci elle porte sur des arguments juridiques cachant une vision différente de la mobilité. Du côté de Carouge, également récalcitrante, la seule question est: la commune ne paiera pas pour peindre des motos sur les voies de bus de la route des Jeunes.

Côté Ville de Genève, un avis de droit a été demandé pour clarifier les choses, même si pour l’Office fédéral des routes les responsabilités sont parfaitement claires: les cantons sont souverains pour cette décision. Interrogé par la Tribune de Genève, le magistrat Rémy Pagani ne cache pas son opposition, estimant que les déplacements se font majoritairement à pied en milieu urbain et que cela devrait être encouragé «plutôt que de prendre des mesures qui vont ralentir les bus et causer des accidents». Pointilleux sur le droit, il semble l’être moins sur les statistiques, aucune ne venant confirmer ses dires et la crainte du ralentissement pouvant être réglée par la signalisation.

Un test pour clarifier la situation

Le TCS soutient la décision d’effectuer un test, de manière à observer en grandeur nature comment la cohabitation entre les deux-roues motorisés et les bus peut se passer. Il est facile de constater qu’une partie du test a déjà eu lieu pour nombre d’usagers, préférant utiliser cette voie plutôt que de slalomer entre les voitures, mais l’officialisation d’une telle possibilité a du bon. Sur le plan technique, un marquage clair au sol des tronçons autorisés devra avoir lieu. Il importe également de trouver une solution aux carrefours car les bus y ont souvent des feux prioritaires ou spécifiques. Afin d'éviter tout problème, le TCS préconise que les deux-roues motorisés quittent la voie de bus en cas de feu rouge sur la voie parallèle utilisée par les véhicules privés. Comme c’est le cas en de nombreux endroits pour les vélos, un sas pourrait alors leur être réservé en tête de colonne. D'une manière générale, contrairement à ce que soutient la Ville de Genève, le TCS estime que les deux-roues motorisés doivent être favorisés car ils permettent de rétablir un peu de fluidité sur nos routes.

Suivre le cours de l’histoire

Les autorités ont suivi avec constance depuis des années une ligne politique visant à dissuader l’usage de la voiture en ville. Avec, il faut le reconnaître, un succès certain. Le remplissage spectaculaire, confinant à la saturation, des transports publics aux heures de pointe en est la preuve. Le passage de quatre à deux roues s’est effectué naturellement pour nombre de personnes qui ont besoin de leur liberté de déplacement. Il serait malvenu de leur reprocher d’avoir ainsi contribué à désengorger le trafic. Les tentatives de porter la dissuasion sur cette catégorie de véhicules sont pour le moment restées lettre morte. Il faut toutefois s’attendre à des mesures pour, notamment, réguler leur parcage. La question des nuisances, en particulier sonores, est réglée par des prescriptions de plus en plus sévères, tout comme celles des émissions.

Baden et Londres : deux exemples qui fonctionnent

A noter que Baden a lancé un projet pilote en 2008 et que Londres a également admis cette pratique. En Suisse, la ville de Baden est à l’origine de cette manière de cohabitation entre deux-roues motorisés en bus. Et les résultats sont plutôt bons. Du reste, «l’exemple de Baden nous donne une caution juridique et une certaine légitimité».

Les six tronçons

Dans un premier temps, le test doit porter sur six tronçons. 

  • Pont du Mont-Blanc
  • Route des Jeunes
  • et Voie centrale.
  • Route de Drize

Route de Ferney :

  • entre l'autoroute et la place Carantec
  • et de la route de Morillons au chemin du Petit-Saconnex

Les rues moins engorgées

Mais c’est surtout Londres qui a été pris comme exemple par Genève, souligne Thierry Messager, directeur Lac-Rhône à la Direction générale des transports (DGT) et responsable du projet 2 roues motorisés dans les voies de bus. 

D’ailleurs, une délégation du DETA (Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture) s’est rendue à Londres pour s’en imprégner et comprendre son fonctionnement. L’autorisation de la circulation des deux-roues motorisés dans les couloirs de bus d’une partie de ses rues date de début 2012. Lors l’autorisation, le site officiel Transport for London soulignait qu’«après l’achèvement de deux tests, il a été décidé de donner aux motos un accès permanent aux voies de bus sur la majorité des "routes rouges"(*) de la capitale, à partir du 23 janvier 2012». Deux bénéfices essentiels sont mis en avant: la réduction des temps de trajet pour les motards ainsi qu’une diminution des émissions de CO2.

La moto n’est pas un problème

Point important, tendant à rassurer les sceptiques: «La sécurité des motards et des autres usagers vulnérables des routes n’est pas affectée», selon Transport for London. Voilà qui confirmerait un des constats de la première expérimentation, sur trois ans, entre Brixton Road et Finchley Road: achevée fin 2008, il en était ressorti que les collisions impliquant un deux-roues avaient chuté de 42%. En tout cas, Londres semble confirmer ce qui se dit depuis des années en matière de circulation: «la moto n’est pas un problème, mais une solution»!

La signalisation devrait être simple

Par ailleurs, Genève va s’inspirer du modèle londonien, car contrairement à ce qui se fait à Baden, la signalisation est fort différente. En effet, dans la ville d’Argovie, les deux-roues motorisés empruntant la voie du bus ont à leur disposition un feu qui leur est spécialement dévolu. Ce qui n’est pas le cas de Londres et c’est sur ce modèle que Genève va tenter l’expérience. Enfin, le cas de Baden ne porte que sur une seule voie de circulation, tandis qu’à Londres le projet est beaucoup plus avancé et est plus facilement comparable aux problèmes de trafic que rencontre Genève. 

(*) Les «routes rouges», signalées par deux bandes de cette couleur le long de celles-ci, correspondant à de grandes artères de Londres, qui représentent 5% des voies ouvertes à la circulation, mais concentrent 30% du trafic. 

Motards et TPG seront attentifs pendant la phase de test

Bernard Niquille pour les motards et Denis Berdoz pour les Transports publics genevois (TPG) insistent sur la nécessité de garantir la sécurité des usagers.

Bernard Niquille, président la Communauté d’Intérêt des Motards (CI Motards) Suisse se félicite des premiers tests d’ouverture de voies de bus à la circulation de 2-roues motorisés annoncés par le Conseil d’Etat genevois.

«La CI Motards est active depuis de nombreuses années sur cette question. Nous avons pris contact en 2014 avec le Conseil d’État à ce sujet et une collaboration fructueuse s’est mise en place. Notre requête est fondée sur les deux expériences réussies de Baden et de Londres. Ce qui compte particulièrement c’est l’aspect sécurité. Il faut garantir la sécurité pour les usagers de toutes les voies. Il serait aussi dangereux de jouer les usagers les uns contre les autres. Ce serait contre-productif.»

Le président de CI Motards Suisse «regrette le blocage et l’avis de droit qu’a demandé la Ville de Genève. Cela ne fait que retarder la phase de test».

Dans l’ensemble, Bernard Niquille a bon espoir et estime que l’essai devrait être concluant. Il rappelle qu’en matière de circulation dans les centres urbains la situation a dépassé le seuil critique depuis longtemps, et que le potentiel bénéfique de l’usage des 2-roues motorisés en milieu urbain et périurbain a été grandement sous-estimé. «En ville, une moto de plus sur la route est souvent synonyme d’une voiture laissée au garage. Tout le monde y gagne, en termes de place, de fluidité du trafic et de lutte contre la pollution.»

Denis Berdoz, directeur général des Transports publics genevois (TPG) salue la collaboration avec les services du conseiller d’État Luc Barthassat.
«Nous avons été consultés par le DETA et associés à l’élaboration de cette phase test ce qui nous a permis de faire part de nos remarques. Lorsqu’elle démarrera, nous suivrons de très près ce qui se passera sur les tronçons pilotes. En effet, si nos conducteurs sont formés à accorder la priorité à la sécurité avant toute chose et que nous veillerons à le leur rappeler lors du démarrage de la phase test, la présence autorisée de nouveaux véhicules sur les voies de bus présente néanmoins un risque supplémentaire tant pour la sécurité de nos passagers (chute en cas de freinage d’urgence) que pour celle des autres usagers de la route. En cela, il conviendra d’ailleurs d’insister sur le respect entre les différents utilisateurs des voies de bus, tant lors de la phase test que lors d’une éventuelle application définitive de l’autorisation.»

Le directeur général des TPG souligne ainsi que «nous serons donc attentifs au moindre incident pour effectuer les remontées nécessaires auprès du DETA». Et de conclure: «par ailleurs, notre objectif étant de pouvoir améliorer notre vitesse commerciale pour répondre aux attentes de nos clients, nous partagerons également toute observation concernant des retards sur nos lignes engendrés par la présence des deux roues sur nos voies de bus.»

TCS Section Genève
Quai Gustave-Ador 2
1207 Genève
Téléphone +41 22 735 46 53
Du lundi au vendredi
8h00 à 12h30, 13h30 à 17h00
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