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"La croissance de l'aéroport de Genève : quel défi pour Swiss !"

Lorenzo Stoll, directeur général pour la Suisse romande de la compagnie Swiss.

Les bons chiffres de Swiss laissent augurer une progression ces prochaines années. Comment cela sera-t-il possible avec les infrastructures de l'aéroport et des voies d'accès ? Le directeur de Swiss pour la Suisse romande nous répond.

L'aéroport progresse en nombre de passagers, mais pas grand-chose n'est fait pour en faciliter l'accès, qu'en pensez-vous ?
En tant que client de l’aéroport, une compagnie aérienne a relativement peu d’influence sur le développement des infrastructures. Dans notre perspective, cette question est le plus grand défi auquel l’aéroport est confronté. C’est un aéroport qui a du succès, une belle croissance: les projections nous amènent à 25 millions de passagers à l’orée de 2030, mais on sait tous qu’avec l’infrastructure physique actuelle, cela va être difficile. Ce qu'il y a d'inquiétant est qu'avec ces perspectives: il faudra bien que les passagers viennent de quelque part et aillent quelque part. Et là je suis plus inquiet, ce n'est plus une vision de l'aéroport, mais politique. À dix, quinze ans, il faut se poser la question comment on connecte cet aéroport aux différents systèmes de transport. Le tram passe au bout de la piste, cela n'aurait peut-être pas forcément coûté si cher de le faire arriver vers l'aérogare. Le train ne devrait pas finir en cul-de-sac, mais continuer son chemin. Les parkings sont saturés. Le développement de l'infrastructure aéroportuaire et des accès doit être un projet pensé dans sa globalité, en tenant compte de toute la région franco-valdo-genevoise.


Comment jugez-vous les projets sur le plan de la mobilité ?
Certaines villes ont décidé qu'elles seraient piétonnes, et elles vont au bout du concept. Il y a des villes très connectées par les transports publics et elles vont au bout du concept. Certaines privilégient la voiture, elles vont aussi au bout des choses. À Genève, il semble que la direction à suivre est encore incertaine. Voyez le trafic frontalier: si on fournissait des emplacements de parcage massifs, avec un moyen de collecter les gens, cela changerait la donne.


Que peut faire une compagnie aérienne dans ce contexte ?
Nous sommes une compagnie traditionnelle, exposée de plus en plus au low cost. Comment pouvons-nous nous différencier ? Nous avons positionné SWISS comme une alternative aux low costs, un autre produit, une autre marque. Le marché commence à le comprendre et 2017 a été une bonne année.


Qu'en est-il des nuisances de l'avion ?
Il existe une réalité: notre modèle économique – comme toute activité humaine – génère des nuisances plus ou moins fortes. Chez SWISS, nous faisons tout notre possible pour réduire l'impact qu'a notre activité sur l'environnement et les usagers. Une des choses les plus visibles ces dernières années réside dans les milliards investis dans le renouvellement de notre flotte long-courrier et court-courrier. À Genève, où nous opérons plutôt des courts et moyens courriers, avec les Bombardier C Series, c'est 20% de carburant et de CO2 en moins, 50% de bruit en moins par rapport à la génération précédente.

Nous participons, au niveau européen et international, aux systèmes de compensation du CO2. D'ici à 2020, la croissance de l'aérien devrait être entièrement compensée (programme CORSIA). Nous travaillons également avec les autres aéroports suisses et le contrôle aérien, c'est-à-dire Skyguide, pour développer des procédures de roulage et de décollage limitant le bruit au maximum.

L’industrie de l’aéronautique est très visible et il est donc facile de la critiquer. Il arrive que même les plus virulents détracteurs utilisent eux aussi l'avion. Souvent, on sous-estime complètement l'apport économique. Pour Genève, la création de valeur ne se compte pas en millions mais en milliards.

Il y aurait donc une réflexion politique à faire. Les compagnies aériennes, les aéroports, les constructeurs font d'énormes efforts pour réduire les nuisances surtout en terme de CO2 et de bruit. Il serait souhaitable que les politiques multiplient leurs efforts pour que les citoyens ne soient pas exposés aux nuisances. On peut se demander quelle est la nécessité de transformer des terrains proches de l'aéroport en zone habitable… zone de villas. 

Gil Egger

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