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L’influence d’un Club sur l’évolution de nos déplacements

Comment l’histoire helvétique de la mobilité s’est érigée sous l’impulsion de quelques visionnaires qui ignoraient sans doute qu’ils allaient inventer le plus grand club d’une Suisse qui bouge. Décryptage avec l’historien Gérard Duc, auteur de l’ouvrage : Une histoire de la mobilité à Genève, paru en 2016.

À la fin du 19e siècle, les piétons, les calèches et les trams se disputent les pavés genevois. Si le vélocipède connaît un premier essor, il n’est pas pour autant le bienvenu. Considéré comme accidentogène, il est proscrit dans certaines communes qui exigent des nouveaux « fous » de la route qu’ils traversent leur territoire à pied en poussant leur engin. Et pourtant, les amoureux de la petite reine n’ont pas l’intention de se laisser trainer dans la boue sans réagir. L’avocat genevois, Frédéric Raisin, ancien député du Grand Conseil, le sait : l’union fait la force. Alors il décide de fédérer les 200 vélocipédistes avec qui il s’est déjà aventuré sur les sentiers helvétiques. Le Touring Club Suisse (TCS) est né et ses membres ne savent sans doute pas encore à quel point, leur association va influer sur la mobilité. « À l’origine, il s’agit de militer en faveur du transport individuel versus le tram qui sillonne de nombreuses rues de la cité et de faire pression sur les autorités pour que le réseau routier devienne praticable », explique l’historien Gérard Duc. Et d’ajouter que le vélo, au tournant du 20e siècle, constitue une véritable révolution. « Les transports en train ou en bateau ne sont pas véritablement accessibles à toutes les bourses. La bicyclette représente alors un mode de déplacement pratique et plus rapide que la marche. Mais les chaussées sont inconfortables. Aussi, le tout jeune TCS, par voie de pétition, réclame-t-il que les axes routiers soient recouverts de bitume. Il s’élève contre la poussière extrême qui se dégage des cheminements et qui rend l’air irrespirable ». L’association, il est vrai, a ses entrées dans les Parlements locaux. Une force de frappe qui lui permet de dessiner le paysage de la mobilité encore embryonnaire. Car après s’être préoccupé des cyclistes dont le nombre ne cesse d’évoluer, voilà que le TCS, qui se réplique dans l’ensemble de la Suisse, va voler au secours de l’automobile. 

L'essor de l'automobile

L’arrivée de celle-ci se fait en effet dans la douleur. Comme ils avaient conspué le vélo, les piétons vouent cette fois la voiture aux gémonies. « Les critiques sont, à l’aube des années 1950, particulièrement violentes. Les conducteurs de ces tractions sont jugés dangereux car ils traversent les rues en trombe », reprend l’historien. En vérité, la chaussée soudainement envahie par des nouveaux moyens de transport, devient source conflictuelle. Chaque usager semble en revendiquer la propriété exclusive. Et cette voirie n’est pas extensible sauf à faire reculer le bâti. La mobilité commence-t-elle à s’inscrire dans les politiques publiques ? Progressivement et à cet égard, l’ancien petit club de cyclistes va continuer à militer non seulement pour améliorer le sort de ses membres dont le nombre ne cesse d’exploser mais également en faveur de la sécurité routière (voir article ci-contre). Il est en effet présent sur tous les fronts. Des infrastructures plus sûres, des véhicules et des équipements fiables, l’aménagement de stationnements, une assistance accessible partout dans le monde, des centres de conduite pour prévenir les accidents de la route, le voilà qui apparait comme le chef de file de l’Helvétie qui meut.

Les loisirs et le tourisme

Sans compter la part belle faite aux loisirs. « Le TCS et ses différentes sections cantonales ne ratent pas le train du tourisme qui se développe peu à peu. Pour les amateurs de sport d’hiver, l’association réclame et obtient que des espaces permettant aux automobilistes d’installer des chaînes soient aménagés sur les différents parcours menant aux stations. Des caravaning clubs et des campings essaiment en outre dans toute la Suisse », repend Gérard Duc. Et pour aiguiser l’esprit de découverte, le Club édite déjà en 1935 un livret imprimé des routes de Suisse comme celles des pays limitrophes. Une parade opportune au GPS qui n’existe pas encore.

Précurseur et référent ès mobilité

Et puis comme pour confirmer encore son implication dans toutes les formes de déplacement, c’est encore le TCS qui balise les parcours pédestres. Partout, on voit poindre sur les chemins de campagne et de montagne les pancartes jaunes qui orientent les amateurs de randonnées déjà nombreux en 1950.

 
Depuis son origine à nos jours, celui qui est devenu un référent de la mobilité trace sa route s’impliquant partout où il peut faire valoir son expertise. Le club, qui rassemble plus d’1,5 million de membres, regarde vers demain. Conscient que la mobilité est à un carrefour, mais sans négliger aucun type de transport, le voilà, éternel précurseur, qui observe l’évolution de l’électromobilité, l’une des ripostes aux tourmentes climatiques.


Propos recueillis par Adélita Genoud

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