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Le pont de Peney sera fermé à la circulation durant sept semaines

L’ouvrage qui enjambe le Rhône sera l’objet d’importants travaux de fin juin à mi-août. Au prix de petites prouesses d’ingénierie, il en ressortira plus large et plus résistant.

18 juin 2026

Du jeudi 25 juin au dimanche 16 août, le pont de Peney ne pourra plus être emprunté par le trafic motorisé en raison d’un élargissement et d’un renforcement de l’ouvrage d’art. Durant cette période, seuls les piétons et les cyclistes pied à terre seront autorisés à l’utiliser pour passer d’une rive du Rhône à l’autre.

Le pont en béton armé a été construit en 1942 et son dernier entretien important date de 1992-1993. Il est l’un des huit ponts qui, à Genève, permettent au trafic motorisé de passer d’une rive à l’autre du Rhône. Les travaux préparatoires ont débuté en octobre 2025. L’enjeu est notamment de créer des pistes cyclables en sites propres des deux côtés de l’infrastructure et de permettre aux convois exceptionnels de l’emprunter, sa capacité de charge passant de 40 à 240 tonnes.

Les difficultés à surmonter

Pour ce chantier, c’est le Département de la santé et des mobilités qui est à la manœuvre, plus spécifiquement l’Office cantonal du génie civil. Christian Gorce, directeur général de l’Office et ingénieur cantonal, et Benoît Bazin, le responsable du projet, expliquent l’enjeu et en quoi ces travaux posent certaines difficultés techniques.

« Si, au niveau national, de telles interventions sur des ponts sont fréquentes pour les CFF et l’Office fédéral des routes, à Genève, un tel chantier est assez exceptionnel », précise d’entrée Benoît Bazin. « La nécessité de réduire au maximum la durée d’interruption du trafic constitue en elle-même un défi technique, poursuit Christian Gorce. Le pont de Peney est en effet un axe clé de la mobilité genevoise, avec un trafic particulièrement dense, notamment aux heures de pointe. »

Il a donc été choisi de fermer le trafic durant la période estivale, lorsque l’activité économique tourne au ralenti. Mais, insistent nos interlocuteurs, une planification extrêmement rigoureuse est indispensable pour tenir le calendrier ; et avec une petite marge de manœuvre pour tenir compte des inévitables aléas propres à ce type de chantier. Durant ces sept semaines, les travaux incluent notamment la réfection du tablier, le bétonnage des trottoirs en surplomb ainsi que le remplacement des glissières de sécurité.

© Etat de Genève

Une plate-forme suspendue

« Le renforcement d’un pont constitue toujours un défi technique important, notamment en raison de la configuration de l’ouvrage, qui impose de travailler depuis des plates-formes suspendues », indique Benoît Bazin. Quant au renforcement proprement dit, il implique la mise en place d’une structure métallique sous le tablier du pont. Les éléments de cette structure, pesant chacun environ une tonne, sont d’abord acheminés sur des chariots circulant sur le platelage, puis déplacés sous l’ouvrage avant d’être levés et fixés à leur emplacement définitif.

« Cette opération est particulièrement délicate, car elle nécessite de manipuler des charges lourdes avec une grande précision et en toute sécurité sous le tablier du pont », précise Christian Gorce.

Enfin, l’élargissement des cheminements en porte-à-faux des deux côtés latéraux du pont nécessite tout d’abord la démolition des trottoirs actuels. Cela se réalise grâce à la technique dite d’hydrodémolition (jet sous pression). Cette technique permet de retirer le béton existant tout en conservant les armatures métalliques, lesquelles seront réutilisées dans la nouvelle structure élargie.

On l’aura compris, conduire un tel chantier au-dessus des flots tout en minimisant au maximum les incidences sur la circulation n’est pas une mince affaire. Rendez-vous le 17 août pour en admirer le résultat !

Eric Budry

Les itinéraires de remplacement

  • Du 25 juin au 16 août, les transports individuels et professionnels devront emprunter l’un des autres ponts sur le Rhône pour passer d’une rive à l’autre. Il en existe sept autres ouverts à la circulation motorisée sur le territoire cantonal. En partant de l’ouest, il y a le pont de la Plaine, le pont du barrage de Verbois, le pont autoroutier d’Aigues-Vertes, le pont Butin, puis les trois ponts du centre de l’agglomération (ponts de Sous-Terre, de la Coulouvrenière et du Mont-Blanc).
  • Rappelons que la circulation est maintenue pour les piétons et les cyclistes pied à terre.
  • Les travaux impactent naturellement également les transports publics. Sur la rive droite, la ligne 70 des TPG sera supprimée. En compensation, la ligne 83 sera prolongée jusqu’à Satigny-Gare. Un arrêt de correspondance pour le 83 et le 73 sera créé à proximité du pont. En clair, il faudra le traverser à pied pour ensuite monter dans le bus 70 (vers Bernex/Confignon) ou 83 (vers Soral et Viry) sur la rive droite. Idem dans l’autre sens vers Satigny avec les lignes 73 et 83.

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