





Le Grand Genève est confronté à une réalité que chacun d'entre nous vit au quotidien. Près de 2,5 millions de déplacements sont effectués chaque jour sur ce territoire, dont 640 000 franchissent les frontières cantonales, soit 30% de plus qu'il y a vingt ans. Genève est aujourd'hui la ville la plus congestionnée de Suisse, avec jusqu'à 5h30 de bouchons par jour et un coût économique de 191 millions de francs annuellement. Nos infrastructures actuelles ne peuvent plus absorber cette croissance.
Dans plusieurs secteurs transfrontaliers, les habitants n'ont aujourd'hui aucune alternative crédible à la voiture. La part des transports collectifs atteint 23% autour d'Annemasse, 14% du côté de Saint-Julien, 4% dans le Pays de Gex et seulement 3% dans le Chablais. Pour des dizaines de milliers de personnes qui vivent au pied du Jura ou du Salève, conduire n'est pas un choix, c'est la seule option disponible.
Le TCS Genève défend la liberté de se déplacer pour tous les habitants du Grand Genève. Cette liberté suppose des options réelles. C'est pourquoi nous soutenons le projet de liaison Jura–Léman–Salève.
La liaison reliera précisément les territoires les moins bien desservis au cœur de Genève, via une infrastructure rapide et indépendante du trafic routier. À terme, 50% des habitants du canton disposeront d'une station à moins de 750 mètres de chez eux et 70% des emplois seront accessibles dans ce même rayon. L'aéroport, Cornavin, Meyrin, le PAV et les principales zones industrielles seront directement connectés.
Ce projet bénéficie à l'ensemble des habitants du Grand Genève, pas uniquement à ceux qui utiliseront le train. Des pôles d'échanges multimodaux aux extrémités du réseau permettront à chacun de combiner parkings-relais, bus et autres modes selon ses besoins. Moins de véhicules contraints de traverser le canton, c'est une circulation plus fluide pour ceux qui, professionnellement, ne peuvent pas se passer de leur voiture.
Le coût estimé à 4,5 milliards de francs est un ordre de grandeur qui sera consolidé au fil des études. Le montant final pourrait s'avérer supérieur, et nous le disons clairement. Le canton seul ne peut pas porter un tel investissement. L'engagement de la Confédération et des collectivités françaises concernées est une condition non négociable.
La difficulté est réelle : le projet transfrontalier ne s'inscrit pas naturellement dans les catégories de financement fédéral existantes, qu'il s'agisse des fonds ferroviaires, routiers ou d'agglomération. Identifier les mécanismes adaptés, voire faire évoluer les cadres actuels, représente un défi distinct de la construction de l'infrastructure elle-même. Les coûts d'exploitation et de maintenance devront également être évalués avec la même rigueur.
C'est pourquoi le TCS Genève soutient également le crédit d'investissement de 39,5 millions de francs destiné aux infrastructures de transports publics sur territoire français. La coopération franco-suisse n'est pas un détail du projet, elle en est une condition structurelle.
Notre engagement dans la durée
Le TCS Genève suivra l'avancement de ce dossier avec attention et continuera à s'exprimer à chaque étape décisive. La liaison Jura–Léman–Salève figure parmi les projets mentionnés dans la stratégie nationale Transports'45, mais n'y est pas encore priorisée. Obtenir cette reconnaissance est un objectif que nous partageons et sur lequel nous resterons mobilisés.
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