





Texte et photos Jérôme Burgener
Mercredi 4 mars 2026
10:35 Le TCS entre, une fois de plus, en scène. A Greifswald, dans le nord de l’Allemagne, Monika S. est hospitalisée depuis plusieurs jours. Cette sexagénaire, en vacances chez sa sœur, a été frappée le 23 février par un problème de santé soudain. Ce matin de mars, elle décide de prendre contact avec le Livret ETI du TCS. Une chaîne d’assistance vient de se mettre en marche. La patiente demande un rapatriement et le retour de son véhicule privé en Suisse, son état de santé ne lui permettant pas de le faire elle-même.
16:00 Le service médical du TCS contacte l’hôpital universitaire de Greifswald et obtient des informations médicales précises, indispensables pour évaluer la faisabilité du transfert.
Jeudi 5 mars 2026
08:54 La patiente est informée que la Rega sera déployée pour le rapatriement. Elle se réjouit de la rapidité de l’organisation.
22:15 L’itinéraire du vol de rapatriement est défini. Le jet Bombardier Challenger 650 décollera de Zurich-Kloten à destination de Rostock-Laage à 15h30 le jour suivant pour une arrivée à 16h55. L’avion redécollera à 20h15 de l’Allemagne. Entretemps, une ambulance de Team Rufe-Dich, dont le siège est à Hessel, se chargera du trajet Rostock–Greifswald et retour. A l’atterrissage, c’est une ambulance du TCS qui accueillera la patiente directement dans le hangar de la Rega à l’aéroport de Kloten et la transfèrera ensuite jusqu’à l’hôpital de Lachen (SZ).
Vendredi 6 mars 2026
14:08 Le TCS contacte la patiente afin de la rassurer et de faire le point avant le rapatriement. Elle est également informée qu’une place à l’hôpital de Lachen a déjà été réservée dans la matinée. Au même moment, un avion de la Rega se pose à l’aéroport de Kloten: il vient de rapatrier un patient depuis le Portugal.
14:45 L’équipe de jour est réunie en salle de briefing de la Rega à l’aéroport de Kloten. Les pilotes Marco Merz et Sandro Aebischer, la médecin d’avion-ambulance Anita Lareida et l’infirmière en soins intensifs Carola Odermatt reçoivent les informations concernant l’état de santé de la patiente ainsi que le plan de vol. Dans la pièce, l’atmosphère est concentrée, presque feutrée. Chacun écoute, anticipe, visualise déjà les prochaines heures.
15:00 Les préparatifs s’accélèrent. Le matériel médical est vérifié une dernière fois, la cabine configurée pour accueillir la patiente. Les soignantes n’oublient aucun détail. Sur le tarmac, le Bombardier Challenger 650 attend, immobile. Le récent ravitaillement en carburant laisse planer une légère odeur de kérosène.
15:15 A bord, chacun connaît son rôle. Dans quelques heures, une patiente sera ramenée en Suisse. L’environnement est à mi-chemin entre cabine d’avion et unité de soins intensifs. Chaque équipement est à portée de main, prêt à être utilisé à tout moment. «L’organisation est primordiale. Nous devons anticiper bien plus que dans un hôpital», explique Anita Lareida. Elle souligne aussi le fait que l’inattendu est le lot quotidien: «Les médecins évaluateurs essaient de déterminer au mieux l’état du patient. La plupart du temps, c’est parfaitement correct mais d’autres fois, il se passe quelque chose entre l’évaluation et notre prise en charge.» Dans de tels cas, Anita Lareida et Carola Odermatt doivent improviser. Toutefois, tout n’est pas possible dans un avion sanitaire: il n’y a par exemple pas de bloc opératoire, ni de sang pour d’éventuelles transfusions ou encore de scanner. Il est donc primordial qu’un patient soit stabilisé avant d’envisager un rapatriement.
15:30 Dans le cockpit, Marco Merz et Sandro Aebischer sont aux commandes. Tous les deux ont un passé de pilote, dans des domaines quelque peu différents. Marco Merz vient de l’armée, où il pilotait des hélicoptères. Sandro Aebischer, lui, est issu de l’aviation commerciale. Ce qui change pour ce dernier est l’imprévu: «Dans une compagnie aérienne, on sait où on va aller parfois un mois à l’avance, selon le planning. Avec la Rega, cela peut être la veille, voire le jour-même.» Tandis que Marco Merz échange avec les différents aiguilleurs aériens pour poursuivre le vol vers le nord de l’Allemagne, Sandro Aebischer explique pourquoi il préfère les vols courts, alors qu’au moment même, un autre avion de la Rega se rend en Thaïlande pour rapatrier un autre patient: «C’est agréable, on est chez soi le matin, et on y revient en fin de journée. J’aime également les longcourriers, cela permet de découvrir d’autres pays, d’autres cultures.» Il précise qu’il travaille pour la Rega depuis le mois d’août 2025 et qu’il a eu plus de vols long-courriers durant l’hiver. Après cet échange, les deux pilotes s’apprêtent déjà pour l’atterrissage: les interactions avec la tour de contrôle s’intensifient.
16:50 Le jet atterrit à l’heure prévue à Rostock-Laage. Sur le tarmac, l’ambulance de la firme Team Rufe-Dich est déjà là. Dans la brise fraîche, le patron, Andreas Pfaff, accueille l’équipe de la Rega. C’est lui qui se chargera de faire l’aller-retour entre l’aéroport et l’hôpital universitaire de Greifswald. Pendant le trajet, Anita Lareida et Carola Odermatt sont détendues, prennent leurs marques dans le véhicule. Il sera bientôt l’heure pour elles d’entrer pleinement en scène.
18:00 Il fait déjà nuit quand Andreas Pfaff parque son ambulance devant l’hôpital universitaire de Greifswald. A peine arrivé, il décharge et prépare le brancard tandis que les soignantes préparent déjà du matériel médical. Quelques instants plus tard, l’équipe se met en marche dans les couloirs à l’éclairage brut de l’hôpital pour rejoindre la patiente. Devant la chambre, un échange a lieu avec le personnel local afin de confirmer les derniers paramètres médicaux et s’assurer de la stabilité de Monika S. Le transfert peut alors débuter. La patiente est installée avec précaution sur le brancard. Elle relate sa mésaventure. Son séjour à la mer Baltique devait être banal. Mais au lendemain matin de son arrivée, son état de santé se dégrade.
«Tout est vite allé», raconte-t-elle. «J’ai dû appeler une ambulance. Elle est arrivée en moins de dix minutes.» Transportée à l’hôpital, elle enchaîne les examens. «J’ai passé une nuit en soins intensifs, puis j’ai été transférée dans un service normal.» Pendant ce temps, dans le couloir, l’équipe suisse finalise déjà la prise en charge. Le brancard est préparé, les vérifications finales s’enchaînent: le transfert vers l’ambulance peut commencer. A l’extérieur, la nuit est désormais totalement tombée sur Greifswald. L’ambulance attend, portes ouvertes, moteur encore chaud. Une nouvelle étape débute: le retour vers l’aéroport de Rostock-Laage, où le rapatriement aérien prendra le relais.
19:00 Le retour vers l’aéroport de Rostock-Laage s’annonce rapide. Pour l’équipe, une nouvelle phase commence: acheminer la patiente dans les meilleures conditions jusqu’au jet sanitaire, où le vol de rapatriement pourra se poursuivre. Le trajet est parcouru avec un peu plus de fluidité qu’à l’aller. Peu à peu, les lumières de l’aéroport réapparaissent à l’horizon.
20:30 Les pilotes déploient la rampe permettant à Andreas Pfaff et à toute l’équipe de la Rega de faire monter le brancard avec la plus grande précaution dans le jet. Le personnel médical s’attèle ensuite à installer Monika S. sur l’un des deux lits de soins intensifs. Des examens complémentaires sont menés par Anita Lareida et Carola Odermatt. Une collation est servie, ainsi qu’une boisson chaude. Dans la presque pénombre de la cabine, la patiente poursuit son récit, calme et rassurée: «Au vu de mon pronostic médical, j’ai rapidement réalisé que je ne pouvais pas rentrer seule en Suisse.» C’est aussi à ce moment que la question de la couverture apparaît. A l’hôpital de Greifswald, l’équipe soignante contacte les organismes concernés, vérifie les garanties. Le nom du TCS est évoqué, puis confirmé après quelques appels. «C’est là qu’on m’a dit qu’on allait s’occuper de mon cas», raconte Monika S. A partir de là, la pression retombe. «Je n’ai pratiquement plus rien eu à faire. Juste quelques échanges, et tout était organisé.» Une surprise aussi pour la patiente, qui découvre l’étendue de sa couverture. «Je croyais que c’était juste pour la voiture. Je ne savais pas que ça me couvrait moi aussi.» Puis la coordination s’accélère en arrière-plan. Les décisions se prennent entre hôpital et assistance. «Je me suis sentie entre de bonnes mains. C’était rassurant», ajoute-t-elle. «Quand on m’a dit que je pouvais rentrer en Suisse, ça a été un vrai soulagement. Là, j’ai su que tout allait bien se passer.» Au moment où elle se confie, entourée et en sécurité, le jet a déjà quitté le sol allemand. Dans la nuit, il file désormais vers la Suisse.
22:00 Le jet survole Zurich, se pose délicatement sur la piste avant d’entrer dans le hangar de la Rega. Déjà, le véhicule et le personnel de TCS Ambulance attendent la patiente. Ambulanciers et soignantes aident Monika S. à descendre de l’avion et se diriger dans le véhicule. Les sourires s’échangent, les bons mots aussi. L’ambiance devient plus légère, mais toujours professionnelle et minutieuse. Cette nouvelle étape franchie, le visage de la patiente s’illumine: elle est enfin à bon port, ou presque. TCS Ambulance prend désormais le relais, afin de conduire la patiente jusqu’au centre hospitalier de Lachen (SZ), à environ une heure de route du quartier général de la Rega.
23:00 Dans la nuit schwytzoise, les derniers mètres de la chaîne de rapatriement sont parcourus, et Monika S. peut finalement rejoindre la chambre réservée le matin même par le service médical du TCS. Lorsque la porte de la chambre se referme, les ambulanciers retournent à leur véhicule et peuvent confirmer que la patiente est en sécurité.
Dimanche 8 mars 2026
13: 42 Une collaboratrice du Livret ETI du TCS joint Monika S. par téléphone pour le traditionnel appel de courtoisie postrapatriement – procédure classique pour vérifier la satisfaction des patients. Au bout du fil, Monika S. se dit contente et très reconnaissante: «Tout s’est bien passé, je recommanderai à toute ma famille et tous mes amis d’avoir un Livret ETI.»
Mercredi 18 mars 2026
Dix jours plus tard, Monika S. envoie un mail au TCS: «Un grand merci pour mon rapatriement du 6 mars dernier. Votre équipe ainsi que celle de la Rega ont fait un excellent travail. Je me suis sentie en sécurité et entre de bonnes mains à tout moment. Tout s’est déroulé sans encombre. Bravo!» Elle communique également toutes les informations pour trouver son véhicule au nord de l’Allemagne et ainsi organiser le rapatriement par le chauffeur du TCS.
Vendredi 27 mars 2026
Le véhicule de Monika S. arrive finalement chez elle.
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