L’herpès labial

Est-ce que l’herpès labial peut devenir dangereux ? Voici ce qu’en dit notre médecin-chef.


Le Professeur Dr med. Christoph U. Brand, médecin-chef du centre de dermatologie et d’allergologie de l’Hôpital cantonal de Lucerne, nous donne son avis sur l’herpès labial.

Monsieur Brand, sous quelles circonstances est-ce qu’une poussée d’herpès labial aigüe peut-elle se développer ?
L’infection primaire en relation avec un virus de l’herpès se passe dans 70 pour cent des cas dans l’enfance ou en tant que jeune - au travers d’un contact direct ou par des gouttelettes de salive. Cette infection peut continuer à se développer sans que se présentent quelques symptômes que ce soit et, dans certains cas, la maladie ne peut se montrer qu’après un certain nombre d’années. Dans un grand nombre de situations, la première infection déclenche des lésions de la muqueuse buccale hautement contagieuses, étendues et douloureuses. Ces lésions guérissent normalement dans un délai de deux à trois semaines. Par la suite, les virus se déplacent le long des nerfs sensoriels jusque dans la moelle osseuse et s’établissent là en tant qu’infection dormante qui persistera à vie. Au travers de différents déclencheurs, il peut arriver que les virus sortent de leur léthargie et qu’une poussée d’herpès labial apparaisse ainsi sans crier gare.

Quels peuvent être ces déclencheurs ?
Des déclencheurs communs peuvent être :

  • une forte exposition à de la lumière UV (bains de soleil, solarium, séjours au ski, etc.)
  • des situations pesantes, physiques ou psychiques
  • des affections déclenchant de la fièvre (infections grippales, etc.)
  • des influences hormonales (par exemple la menstruation)
  • un système immunitaire déprimé ou diminué
  • des irritations de la peau (interventions chirurgicales ou dentaires, traitements au laser, injections, etc.)

Comment faut-il traiter un accès d’herpès labial ? 

Dans les cas ne présentant pas de complications, le traitement consiste en une thérapie comprenant des mesures de diminutions de la douleur au niveau local. Très souvent, l’on a aussi recours à des crèmes antivirales. Un traitement systémique au moyen de médicaments antiviraux du type Aciclovir, Valaciclovir ou Famciclovir peut s’avérer efficace s’il est entrepris très tôt, c’est-à-dire dès l’apparition des premiers symptômes. Dans ce cas, les virus seront plus rapidement en régression. Ce traitement par voie orale dure en règle générale entre cinq et sept jours. Initialement recommandé pour une durée de cinq jours, ce traitement peut être substitué ou renforcé au moyen d’un traitement éclair au moyen de doses plus élevées, usuellement dans des situations de récidives de l’herpès. Ce traitement rendu plus facile permet une meilleure maintenance du programme de traitement et en diminue également les coûts. Il est de plus en plus prescrit dans les cas de la première manifestation des symptômes.

Est-ce que l’herpès labial peut être complètement évité ?
Il est important d’éviter les déclencheurs décrits ci-dessus. Néanmoins, l’on peut aussi procéder à un traitement médicamenteux préventif dans le cas de traitements dentaires planifiés, par exemple.

Est-il vrai que l’on peut se contaminer par les baisers ?
Oui, la transmission du virus s’opère au travers d’une infection par aérosols (microgouttelettes de salive) et/ou par un contact direct. Ce qui pose problème, c’est que le virus de l’herpès peut aussi être transmis par une peau dont l’aspect ne permet pas de suspecter une infection.

Est-ce que l’herpès labial peut devenir dangereux ?
L’une des complications que l’on peut craindre est une contamination de l’œil, celle-ci pourrait avoir des conséquences à long terme. Sur de la peau irritée ou réactive, par exemple la peau de personnes souffrant d’eczéma, une infection par le virus de l’herpès peut s’étendre rapidement et, dans le pire des cas, provoquer une maladie du cerveau. La transmission d’une mère infectée à son nouveau-né est également possible et peut, là aussi, provoquer des séquelles et des maladies dangereuses (herpès néonatal). Pour toutes ces complications et maladies graves, il est essentiel de disposer d’un diagnostic rapide et un d’un traitement adapté pour éviter de lourdes séquelles à long terme.

À quel moment devrait-on prendre rendez-vous chez son médecin pour lui montrer ses boutons de fièvre ?
Des occurrences sévères ou de grande ampleur ou de surface étendue ou des développements comprenant des accès de fièvre devraient en tout cas être montrés à son médecin. Un traitement, aussi en amont que possible, doit aussi être privilégié si l’on sent une raideur dans le cou concomitante à une poussée d’herpès ou si l’on ressent des symptômes neurologiques comme une hypersensibilité à la lumière, des troubles du comportement ou des modifications de l’état de conscience. Dans ces situations, il est recommandé de procéder à un traitement au moyen des médicaments antiviraux, et ce rapidement et durablement.

Est-ce que l’on peut se faire vacciner contre le virus de l’herpès labial ?
À ce jour, il n’existe pas encore de substance de vaccin vraiment efficace.

Ces informations sont des indications sommaires et ne doivent pas représenter la seule base pour des décisions liées à votre état de santé. Consultez votre médecin ou votre pharmacien en cas de question médicale. Une recherche sur internet ne remplace pas une consultation par un professionnel.

Pour toute suggestion ou contribution, vous pouvez nous contacter par e-mail : mdtcsch

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