L'ail des ours et ses dangereux doubles

Une possible confusion qui pourrait s’avérer mortelle.


L’ail des ours pousse dans les zones humides et riches en humus des forêts de feuillus. Cette plante est très appréciée par les promeneurs qui aiment le ramasser pour incorporer ses feuilles dans la gastronomie du printemps. Les feuilles se présentent sous la forme d’ellipses et lorsqu’on les frotte, elles dégagent cette odeur d’ail très particulière. Mais il faut faire très attention lors de la cueillette, car l’ail des ours peut facilement être confondu avec les feuilles toxiques du colchique d’automne ou du muguet de mai. 

Le Dr med. Colette Degrandi, médecin-chef de Tox Info Suisse, nous donne ses conseils au sujet de l’ail des ours.

Madame Degrandi, comment peut-on identifier si l’on a cueilli les bonnes feuilles ?
Les feuilles d’ail des ours présentent une forme elliptique et se caractérisent par une forte odeur d’ail. Le muguet de mai, tout comme les feuilles de colchique d’automne, présente des feuilles en forme de lancéolés et ne dégage pas d’odeur particulière. De plus, les colchiques d’automne et le muguet de mai n’ont pas de tige, contrairement à l’ail des ours.

À quelle période peut-on cueillir l’ail des ours pour l’incorporer dans la cuisine de saison ?
Sur le principe l’on peut cueillir l’ail des ours en tout temps. Mais, dès que les fleurs de la plante apparaissent, il est moins bien toléré par les humains, car sa teneur en huiles éthérées et leur composition se modifient. Le goût devient plus prononcé et l’on rapporte plus de cas de problèmes dans le tractus gastro-intestinal.

Que faut-il faire si, malgré toutes les précautions, l’on a tout de même cueilli et consommé les fausses feuilles ?
La plupart du temps, les personnes concernées ne se rendent pas compte qu’elles ont cueilli les fausses feuilles et ne peuvent donc pas dire de quel type de plante il s’agit. Si dans un délai de deux à douze heures après la consommation une personne ressent des symptômes comme de la diarrhée, alors il faut consulter son médecin traitant.

Quels inconforts et quels symptômes peuvent se montrer suite à la consommation d’une plante que l’on a confondue avec de l’ail des ours ?
Si la personne s’est trompée, l’on peut en général constater des nausées, des vomissements et des diarrhées.

Est-ce qu’une telle confusion peut même s’avérer mortelle ?
Les colchiques d’automne présentent une substance toxique très efficace (une cytotoxine : la colchine) qui, déjà après l’ingestion de moins d’un milligramme par kilo de poids de la personne, peut mettre sa vie en danger. Le muguet de mai, par contre, contient des agents ayant des effets sur le cœur, mais ne provoque la plupart du temps que des désagréments d’ordre gastro-intestinal. Pour atteindre un niveau de dangerosité mortel, il faudrait en avoir consommé une quantité très conséquente.

À partir de quel degré de gravité faudrait-il faire appel à un médecin ou se rendre aux urgences les plus proches ?
Si les feuilles qui ont été consommées proviennent des colchiques d’automne, il est important de prendre du charbon médicinal le plus vite possible. Dans le cas de symptômes comme des diarrhées ou des vomissements, une consultation médicale est indispensable. Ceci est aussi valable lors de la consommation par erreur de grandes quantités de feuilles de muguet de mai.

Comment une intoxication alimentaire végétale est-elle traitée ?
En premier lieu, l’intoxication est en général traitée par l’absorption de charbon médicinal. La consommation rapide et répétée d’une suspension de charbon permet de lier le poison dans le tractus gastro-intestinal. Ainsi il ne pourra pas être absorbé par le corps. C’est comme cela que l’on peut, idéalement, éviter les symptômes liés à un empoisonnement. Lors d’une intoxication au moyen de colchine, les agents neurotoxiques se dispersent très rapidement dans le corps et lors de l’apparition des symptômes le traitement doit être adapté à chaque patient en particulier, à la dose de toxine que celui-ci a absorbée ainsi qu’à la gravité de l’intoxication.


Ces informations sont des indications sommaires et ne doivent pas représenter la seule base pour des décisions liées à votre état de santé. Consultez votre médecin ou votre pharmacien en cas de question médicale. Une recherche sur internet ne remplace pas une consultation par un professionnel.

Pour toute suggestion ou contribution, vous pouvez nous contacter par e-mail : mdtcsch

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