





Le contexte actuel de crise énergétique, l'augmentation des coûts qui en résulte et les mesures d'économie qui touchent l'ensemble de la population soulèvent de nombreuses questions. Certains de nos membres se demandent notamment quelle quantité d'énergie est consacrée à la mobilité électrique et s'il est judicieux d'investir dans la diffusion de cette technologie.
Selon Martin Bolliger, responsable du conseil en mobilité du TCS et expert en électromobilité, pour répondre à cette question, il est nécessaire de connaître le rôle que joue l'électricité dans la consommation globale d'énergie en Suisse.
Actuellement, plus de 250 000 voitures électriques circulent en Suisse. Elles consomment environ 1,25 % de l'électricité suisse et remplacent 250 000 000 (deux cent cinquante millions) de litres de carburant par an.
L'efficacité énergétique des voitures électriques est trois fois supérieure à celle des voitures à moteur à combustion. Cela signifie que le passage à cette nouvelle technologie permet d'économiser plus des deux tiers de l'énergie nécessaire jusqu'à présent.
Si, à partir de 2035, pratiquement seules des voitures électriques sont vendues sur le marché des voitures neuves, ce n'est qu'à partir de 2050 environ que la grande majorité des voitures circulant sur les routes suisses seront électriques. Nous avons donc près de 30 ans pour mettre en place l'infrastructure de recharge nécessaire et augmenter la production d'électricité d'environ 15 à 20 %. Cela représente moins de 1 % par an et est déjà prévu dans la stratégie énergétique de la Suisse. Cela permettra de remplacer environ 50 TWh, soit 80 % du carburant.
Les voitures électriques sont importantes pour l'avenir de l'approvisionnement en électricité, car leurs batteries peuvent stocker l'énergie solaire et ainsi stabiliser le réseau électrique domestique. À l'avenir, les voitures électriques pourront également réinjecter de grandes quantités d'énergie et de puissance dans le réseau si nécessaire. En 2035, cette alimentation devrait permettre de remplacer une centrale nucléaire entière (Gösgen ou Leibstadt) pendant environ 50 heures. Les voitures électriques font partie de la solution, et non du problème.
La mobilité électrique réduit pratiquement à zéro les émissions de CO₂ des voitures, qui représentent aujourd'hui environ un tiers de la pollution totale.
