Vous êtes sur les pages de :
Choisir une section
Genève
Appenzell AR
Argovie
Bâle
Berne
Bienne-Seeland
Fribourg
Genève
Glaris
Grisons
Jura - Jura bernois
Jura neuchâtelois
Neuchâtel
Schaffhouse
Schwytz
Soleure
St-Gall - Appenzell IR
Tessin
Thurgovie
Uri
Valais
Vaud
Waldstätten
Zoug
Zurich
Camping Club
Canoë Club
 

Flux transfrontaliers: tensions à la douane

La situation a continué de se détériorer sur les axes d’accès au centre du canton et dans les villages frontières. A certaines heures, Chancy, Soral, Certoux, Meinier notamment étouffent littéralement, au propre et au figuré.

tensions à la douane

Depuis que les Genevois dans leur majorité, mus par des préoccupations plus ou moins épidermiques, ont refusé d’aider les communes frontalières françaises à construire des parkings d’échange, la situation a continué de se détériorer sur les axes d’accès au centre du canton et encore plus dans les villages frontières.

A certaines heures, Chancy, Soral, Certoux, Meinier notamment étouffent littéralement, au propre et au figuré, en raison du transit de milliers de véhicules pare-chocs contre pare-chocs deux fois par jour.

Un projet qui fâche

De cette situation dûment constatée par les autorités cantonales est né le projet d’un essai de réduction draconienne de ce trafic en modifiant les plages de fermeture de postes frontière, en commençant par Soral: de 22 h. à 6 h. elle passerait de 24 h. à 8 h. 30. Cette mesure amènerait la commune d’Avusy voisine à faire de même à la douane de Sézegnin pour éviter un simple report de trafic que la petite route et le village ne pourraient pas supporter. Cela obligerait donc le trafic transfrontalier à passer par Bardonnex.

Dans une lettre adressée en février à la commune de Soral, le Conseil d’État se disait prêt à soutenir l’essai d’un tel régime pour une durée d’une année au plus, mais en subordonnait la mise en œuvre à une séance d’information et de concertation rassemblant les différentes entités concernées: communes genevoises et communes françaises, communauté de communes du Genevois et gouvernement cantonal. Un monitoring trimestriel relatif aux flux de circulation était aussi exigé. C’est le Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture dirigé par le conseiller d’État Luc Barthassat qui était chargé de mener à bien l’ensemble des démarches en collaboration avec Soral.

La réunion prévue a eu lieu le 15 septembre et, comme on pouvait s’y attendre, on ne saurait dire qu’elle s’est déroulée dans la plus parfaite harmonie. Sans entrer dans le détail des interventions, côté genevois, il a été redit le ras-le-bol des populations concernées face aux nuisances sans cesse aggravées de ce transit; côté français s’est exprimée une vision plutôt schématique assimilant à peu près tout le canton de Genève à un parti politique qui ne s’est pas fait connaître pour ses nuances en la matière! Quant au patron du DETA et à ses plus proches collaborateurs, ils ont peiné à convaincre les représentants français de l’opportunité d’une démarche jugée excessive.

Dossier essentiel mais négligé

Faire la part des choses amène à constater les évidences de ce dossier. Gouverner, dit-on, c’est prévoir. On a annoncé récemment que le cap du 100 000e frontalier avait été passé. N’a-t-on pas prévu cette évolution au vu du développement de notre économie? L’impression prévaut qu’on ne l’a en tout cas pas correctement anticipée.

En commençant – et les élus français n’ont pas manqué de le faire remarquer – par le retard mis à créer des routes d’évitement des villages les plus «menacés». Pour certains, on en parle depuis des lustres. Problèmes budgétaires sans doute, mais aussi inerties politiques endémiques à surmonter.

Il y a également la question, pour la partie ouest du canton dont il est plus particulièrement question ici, de l’adaptation de la capacité routière à la douane de Bardonnex, saturée avant même de pouvoir recevoir le trafic en provenance d’autres postes.

Et puis, outre le ratage des P+R en France voisine déjà mentionné (sur lequel certains élus considèrent qu’il serait opportun de revenir au vu de la situation qui en découle) et nonobstant la bien tardive mise en œuvre du CEVA, l’offre en transports publics est insuffisante sur France pour susciter un report modal systématique. Il faudrait à tout le moins, suggère de son côté le TCS, que la Communauté de communes du Genevois affrète des bus publics jusqu’aux arrêts TPG les plus proches pour pallier les effets d’une ouverture retardée des frontières de Chancy, Soral et Sézegnin aux véhicules privés. 

Quant au covoiturage, qui n’est sans doute pas la panacée mais une solution parmi d’autres, on peut attendre des entreprises qu’elles l’encouragent et l’organisent plus encore.

A terme (parlons par exemple de l’horizon 2030 en vue duquel est articulé le prochain plan directeur cantonal) il faudra en effet jouer sur le volume total du trafic, sans quoi on ira dans le mur, soit une véritable rébellion de part et d’autre de la frontière. Et peut-être pas seulement à la périphérie: comme le relevait récemment notre confrère Christian Bernet dans la Tribune de Genève: il y a en ville des artères qui souffrent des mêmes maux, avec les mêmes (sinon pires) concentrations de trafic que celles que déplorent certains villages.

Pour l’heure, l’essai souhaité par les communes doit être considéré comme une grosse aspirine demandée par quelqu’un qui souffre d’un violent mal de tête. A terme, c’est un vrai acte de gouvernance cohérent qui est attendu. La réunion du 15 septembre dernier devrait déboucher sur la mise en place d’un groupe de travail voulu par Luc Barthassat. Il est donc permis de rêver.

Didier Fleck

Trois questions à Raoul Florez, maire de Soral

Sur quel constat, en nombre de véhicules et plages horaires, fondez-vous votre demande d’une mesure de délestage à l’essai ?

Soral se base sur les comptages effectués à maintes reprises, qui montrent que le trafic transfrontalier ne cesse de croître. Ce trafic aujourd'hui avoisine les 8000 véhicules par jour et plus particulièrement entre 6 h. et 9 h. et entre 16 h. et 18 h. 30.

A vos yeux, cela pourrait-il se transformer en régime définitif ?

D’abord, la décision de faire cet essai d'ouverture de la douane de Soral à 8 h. 30 le matin prise par le Conseil d'Etat genevois est à saluer, car elle démontre que nos petits villages ne sont pas oubliés. 

Cela fait longtemps que nous attendons un geste du Canton qui nous permettra de voir comment et où se reportera le trafic du matin. Encore une fois, il s’agit d’un essai et il doit être compris comme cela. Nous verrons bien après cet essai quel bilan en tirer.

Mais il est vrai qu’à défaut d’une route d'évitement, cette mesure – si elle s'avère efficace – pourrait finalement être une solution qui ne coûte rien, dès lors que les moyens financiers actuels ne permettent pas d'entreprendre la construction des voies de contournement souhaitées par plusieurs communes.  

A défaut de cette mesure qui fâche les Français, que préconiseriez-vous ?

Bien sûr la réalisation rapide d'un contournement du village se justifie d’autant plus que le trafic va fortement augmenter, avec notamment la construction du diffuseur autoroutier de Viry.

TCS Section Genève
Quai Gustave-Ador 2
1207 Genève
Téléphone +41 22 735 46 53
Du lundi au vendredi
8h00 à 12h30, 13h30 à 17h00
Partager
Newsletter
Réseaux sociaux
Magazine Touring
Nouveaux produits & jubilés
 
Nous vous remercions de bien vouloir patienter un instant
Nous sommes en train d'optimiser notre site web et les temps de chargement peuvent s'avérer plus longs.