La maladie de la rage

Lorsque la maladie se déclare, il est presque déjà trop tard.


Au printemps, Birgitte Kallestat (†24), originaire de Fjell en Norvège, est décédée de la rage après avoir s’être fait légèrement griffer en vacances par un chiot qu’elle venait de sauver. C’est le premier décès humain de rage en Norvège depuis 1815.

Le Prof. Dr Aristomenis Exadaktylos, médecin-chef et directeur de clinique du service d’urgence universitaire (Hôpital universitaire de Berne), nous fournit des explications à ce sujet.

Monsieur Exadaktylos, comment attrape-t-on la rage ?
Comme dans le film : il faut avoir été mordu. La plupart des cas de rage humaine à l’échelle mondiale sont dus à des morsures de chiens. Aux États-Unis, en Australie, en Amérique Latine et en Europe de l’ouest, on a aussi constaté des contaminations par des chauves-souris ou d’autres espèces sauvages. Le virus est présent dans la salive d’un animal contaminé et se transmet généralement par une morsure ou une égratignure. La Suisse et l’Autriche sont considérées comme exemptes de rage, ce qui n’est pas le cas de l’Allemagne.

Quel est la période d’incubation de la maladie ?
La perfidie de cette maladie réside dans la longue période d’incubation qui s’écoule entre l’infection et l’apparition de la maladie. Elle peut durer quelques semaines à plusieurs mois. En effet, lorsque la maladie se déclare, il est presque déjà trop tard.

Comment se manifeste la maladie ?
La rage est une maladie du système nerveux. Elle se propage aussi le long des voies nerveuses, depuis l’endroit de la morsure jusqu’à la moelle épinière ou au cerveau. Souvent, la rage n’est pas reconnue en tant que telle, mais confondue avec d’autres maladies neurologiques. Elle se manifeste au début par des symptômes typiques comme la perte de sensation, des douleurs, une baisse de la force etc. Plus la maladie se rapproche de la moelle épinière ou du cerveau, plus les symptômes sont graves.

Comment peut-on diagnostiquer la rage ?
Le plus important est de se rappeler si l’on a été au contact d’animaux « sauvages ». L’intervalle de temps dont on dispose pour une prophylaxie post-exposition est très réduit, comme c’est aussi le cas pour des infections par le VIH. Le diagnostic dans des laboratoires spéciaux est très compliqué et pas toujours fiable.

La maladie est-elle toujours à issue fatale ?
Lorsque la maladie se déclare, soit on en meurt, soit on survit avec de graves lésions cérébrales ou nerveuses.

Comment la rage se traite-t-elle ?
Il n’existe pas d’option thérapeutique sûre. Des protocoles expérimentaux ont été décrits, mais ne sont pas non plus sans danger. La vaccination en prophylaxie post-exposition est le seul « traitement » établi.

Peut-on se faire vacciner contre la rage ?
Oui, on peut se faire vacciner à titre préventif. Pour cela, trois injections sont nécessaires en l’espace d’un mois. Le virus rabique inactivé est injecté sous la peau pour donner à l’organisme la possibilité de former des anticorps. L’immunité est acquise au bout d’un mois environ. Rien de bien compliqué ! Lorsqu’on a été mordu, on peut également se faire vacciner. Dans ce cas, des anticorps antirabiques sont injectés et on commence en même temps la vaccination normale. Il faut vacciner jusqu’à six fois et, à chaque fois, en différents endroits pour bloquer la propagation du virus. Le vaccin n’est pas agréable, mais il sauve la vie.

Comment peut-on se protéger ?
Les animaux sauvages, y compris les chiens, ne sont pas des peluches inoffensives, mais en cas de doute, ils sont vecteurs d’une maladie mortelle. Caresser un animal peut être fatal, par conséquent évitez à tout prix de toucher un animal blessé, même s’il vous fait pitié. Consultez immédiatement un médecin à la moindre morsure ou griffure, ou lorsque des plaies ouvertes ou des muqueuses ont été au contact de la salive d’un animal sauvage. La bonne nouvelle, c’est que plus les destinations sont lointaines, plus les médecins sur le terrain ont d’expérience avec la rage.

Ces informations sont des indications sommaires et ne doivent pas représenter la seule base pour des décisions liées à votre état de santé. Consultez votre médecin ou votre pharmacien en cas de question médicale. Une recherche sur internet ne remplace pas une consultation par un professionnel.

Pour toute suggestion ou contribution, vous pouvez nous contacter par e-mail : mdtcsch

Inselspital

Cet article a été réalisé en collaboration avec le Professeur Dr. med. Aristomenis Exadaktylos, Médecin chef et Directeur clinique du Centre des urgences de l’Hôpital de l’Ile (Hôpital universitaire de Berne).

www.insel.ch

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