| La croissance démographique et économique conjuguée aux changements structurels (séparation des espaces dédiés à l’habitat, au travail, aux loisirs) provoquent une croissance du trafic de 2% par an (cf. L’avenir des réseaux d’infrastructure nationaux en Suisse (projet), p. 43). La coordination de l'aménagement du territoire et des transports devrait permettre de corriger cette tendance, mais elle ne pourra pas être inversée à court terme. Les infrastructures de transport ne suffisent pas à ce développement et doivent être adap-tées. A cet égard un objectif important consiste à réduire la pollution de l’air, les nuisances sonores et les émissions de CO2. De surcroît, la forte exploitation des infrastructures aug-mente les charges d'entretien. «Les embouteillages quotidiens sont inacceptables. Du point de vue économique, nous ne pouvons pas nous les payer. Les routes cantonales ne par-viennent déjà plus aujourd'hui à absorber le trafic de certains tronçons surchargés des routes nationales et les projets concernant le trafic d'agglomération doivent être immédiatement lancés», a relevé Markus Kägi, conseiller d'Etat et président de la Conférence des directeurs des travaux publics, de l'aménagement du territoire et de l'environnement, pour souligner l'urgence de cette action.
Sont concernés des projets ferroviaires importants, notamment le trafic d’agglomération, le trafic régional, ainsi que la desserte de base du réseau des routes nationales. Les taux de croissance jusqu'à l'année 2013 prévus des engagements financiers fédéraux dans les transports, soit 1,6% en valeur nominale (dont 1,5% de renchérissement et 0,1% de crois-sance effective) ne tiennent aucun compte de ce développement. Le report de travaux ur-gents d'entretien et de construction provoque des pertes économiques considérables (bou-chons, retards) et une dégradation de l’environnement. Cette politique n'apporte strictement aucune économie, bien au contraire: l'entretien et les nouvelles constructions en deviennent plus complexes et, partant, plus onéreux. «Etendre le réseau des transports est donc une nécessité économique et écologique: Si, aujourd'hui, on choisit de mettre le pied sur le frein en matière d'investissements dans les transports publics, les générations futures paieront le prix de cette négligence», rappelle le conseiller d'Etat François Marthaler, président des Di-recteurs cantonaux des transports publics.
Les cantons et les associations mentionnées ci-dessous invitent la Confédération à renoncer à ces économies et à prévoir un taux de croissance nominal d'au moins 4% pour les trans-ports. |